Musée de la Grande Guerre à Meaux 11 Septembre 2014

 

Musée de la Grande Guerre à Meaux

11 septembre 2014

20140911 103416C'est par une journée ensoleillée que nous nous retrouvons au musée de la Grande Guerre à Meaux. Ce musée, inauguré en novembre 2011, est implanté sur les hauteurs de Meaux, non loin de la ligne de front de la bataille de la Marne.

Le musée, élégant et sobre, rassemble quelques 150 uniformes, 20 000 objets usuels,                          30 000 documents et 10 000 livres.

Il invite à prendre conscience de façon dynamique et interactive de l'histoire du conflit (dont on peut déjà trouver des prémisses lors de la guerre de 1870), des bouleversements qui en sont découlés tant sur le plan de la technologie que de la société et de ses conséquences géopolitiques.

En effet, la première guerre mondiale prend peu à peu l'image d'une guerre mécanisée, industrielle, l'aviation de combat apparaît, les premiers chars d'assaut sortent des usines ....

Nous avons découvert entre autres, par exemple:

 le Browning, du même modèle que celui qui a été utilisé pour tirer sur l'archiduc François-Fernand et sa femme. Evènement qui provoqua la déclaration de guerre.

le soldat noir américain représente les rares noirs "autorisés" à combattre. Cependant, ils ont été très présents surtout lors de la 2ème bataille de la Marne. Ils y reçoivent de nombreuses médailles..... et nous font découvrir le jazz.

La liste est encore longue, et pourrait être fastidieuse, de tout ce qui est présent dans ce musée. Nous n'avons pu visiter dans le temps qui nous était imparti qu'une partie de ce vaste ensemble.

Dommage, que peu d'adhérents ai pu participer à cette visite si intéressante et enrichissante.

20140911 104106Après le déjeuner, pris dans un sympathique restaurant au pied de la cathédrale, nous avons poursuivi notre journée par la visite de Meaux et de ses curiosités.

 

Sortie de la Région Ile de France le 15 Octobre 2014

 

Sortie de la Région Ile de France le 15 Octobre 2014

« Les ECHANGES ENTRE LE MONDE ARABE et la FRANCE et quelques traces dans le V° Arrondissement de Paris »


DSCN5938Vous avez bien lu ? Ce n’est pas le sujet d’une thèse de doctorat d’Histoire mais celui de la balade concoctée par Marie Luize Leroy à notre intention le mercredi 15 Octobre 2014 dans le V° Arrondissement de Paris.
Comme point de départ, elle a choisi l’I.M.A. (Institut du Monde Arabe) où nous avons déjeuné au self, pour un prix moyen, de plats de qualité également moyenne.
Puis, malgré un léger retard nous avons découvert notre guide conférencière, madame SURET, un véritable puits de science, très agréable à écouter, mais en prêtant l’oreille, car les rues de Paris restent bruyantes.
Pour le moment nous sommes à l’intérieur de l’IMA. Mais au fait, où sommes-nous exactement ?

L’I.M.A. INSTITUT du MONDE ARABE
Sur le plan architectural, c’est un peu un vaisseau dont la proue est dirigée vers d’autres lieux sacrés des deux autres religions du Livre :
- L’église Saint Julien le Pauvre , que nous allons visiter et la cathédrale de Paris Notre Dame dont nous pouvons admirer le chevet ;
- Le Monument du Mémorial juif de la Shoah (rue Geoffroy l’Asnier 75004)

L’architecture en a été confiée à Jean Nouvel et à Architecture Studio. Elle imprime dans le béton le symbole moderne du dialogue entre la culture occidentale et la culture arabe.
La façade Nord est tournée vers le Paris historique ; la façade Sud, dessinée par Jean Nouvel, reprend les thèmes historiques de la géométrie arabe avec 240 moucharabiehs (munis de diaphragmes plus ou moins ouverts selon l’ensoleillement)

L’IMA est un institut laïc, culturel, soutenu par une Fondation créée en commun par la République Française et 18 Etats membres de la ligue arabe en 1987 sous la présidence de François Mitterand.
On y trouve des expositions prestigieuses, des spectacles, des activités pour le jeune public, une librairie, des salles audiovisuelles, un Centre d’apprentissage de la langue arabe, un self, un restaurant gastronomique, un magasin de vente d’objets artisanaux et une excellente bibliothèque

Notre guide semblerait pencher pour un titre un peu plus long : »Institut du monde arabe et musulman ». Pourquoi ? Parce que le terme « arabe » peut sembler trop circonscrit à sa racine sémite. Les arabes sont des sémites, comme les juifs et seraient descendants de Ismael, fils d’Abraham et de sa femme Agar.
Certes aujourd’hui, le terme « arabe » dépasse souvent la référence au peuple sémite d’origine.
Quant à celui de « musulman » il ne se réfère pas seulement à l’Islam de Mahomet qui est une religion. L’adjectif « musulman » renvoie aussi à un mode de civilisation.

Nous allons voyager maintenant et prendre la mesure de cette présence arabe dans le V° Arrondissement où nous nous trouvons. Notre sortie comprendra quatre parties ;
1- Visite d’un lieu de culte de chrétiens arabes de France, également une des plus vieilles églises de Paris : Saint Julien le Pauvre.
2- Entre le Collège de France et la Sorbonne, le souvenir des premiers enseignements de l’arabe, la curiosité française pour l’Orient au XVIII° siècle et sous l’Empire
3- L’attraction de Paris sur le monde arabe, les débats d’idées et les librairies arabes.
4- La Mosquée de Paris, centre culturel et religieux de l’Islam.

SAINT JULIEN LE PAUVRE

IMA 151014 014

Nous arrivons devant l’église Saint Julien le Pauvre. Elle mériterait une visite à part entière.
C’est une des plus vieilles églises de Paris. Construite en 1165, sur les ruines d’une église détruite par les Normands au IX° siècle. Elle est contemporaine de Notre Dame, sa voisine. Elle a connu plusieurs remaniements mais certains éléments datent encore de cette période
Elle est dédiée au culte catholique grec melkite, de rite byzantin.
Deux mots quand même : qui sont les melkites ou melchites ? Ils partagent les idées du Concile de Chalcédoine (451) qui condamna le monophysisme (lequel affirmait l’union du divin et de l’humain dans le Christ en UNE SEULE NATURE). Le concile de Chalcédoine, au contraire affirme qu’il y a deux natures dans la personne du Christ : une nature divine ET une nature humaine) 

Quant à Julien le Pauvre, selon la Légende Dorée de Jacques Voragine (XIII° siècle) il s’agirait d’un brave homme qui s’est cru trompé par sa femme (Il a vu un couple dans son lit) et a tué ses parents sans le savoir.Il se repent et fonde avec son épouse(très fidèle !) un hôpital. D’où cette appellation aussi de « saint Julien l’Hospitalier ». Il s’agit du même.

Mais revenons à notre église :

Mehemet Ali, vice-roi d’Egypte, (mort en 1849 ) voulait moderniser son pays. A cette intention, il a envoyé de nombreux jeunes gens étudier à Paris à l’Ecole Polytechnique au début du XIX° siècle. Ses successeurs ont fait de même.Mais les années passent et ces jeunes gens arabes, melkites et catholiques ne disposaient toujours pas de lieu de culte à eux, qui pratique leur rite.
Le Père Alexis Katoub depuis longtemps cherchait à fonder une paroisse melkite. Ce ne sera réalisé qu’en 1888 seulement, à Saint Julien, dans une église en profond délabrement. Et depuis lors, chaque jour ou presque des messes sont célébrées en langue arabe selon le rite de Saint Jean Chrysostome.
En sortant de l’église nous avons remarqué un robinier très étayé, planté en 1601 par le botaniste Jean Robin.Ce serait le plus vieil arbre de Paris, toujours vivant.

Une rue plus loin, autre trace d’un lien avec le « monde arabe », nous voyons le chevet de l’église Saint Séverin. C’est ici que WADIH SABRA composa en 1908, l’hymne national libanais. Etonnant, mais vrai !

Nous allons arriver devant le célèbre …..

COLLEGE DE France Place Marcelin Berthelot

C’est un collège ouvert à tous, gratuit où enseigne le fleuron des meilleurs penseurs de presque toutes les spécialités des Sciences, des Arts et des Lettres.

Il a été fondé en 1530 à la demande du roi de France François I°, par Guillaume Budé, « Maistre de Librairie, » le grand traducteur d’ouvrage antiques. Il a nommé des « Lecteurs Royaux » chargés d’enseigner les disciplines que l’Université de Paris ignorait.
Ce sera le premier collège laïc qui enseigne l’hébreu et l’arabe. La langue arabe était devenue la langue des sciences. Pourquoi ?

L’empire ottoman à cette époque c’est la quasi totalité du monde méditerranéen. Aussi François I° a naturellement noué des relations diplomatiques avec l’empire ottoman, en fait une alliance avec Soliman le Magnifique contre les ambitions de Charles Quint.
Comment cet empire ottoman a-t-il pu se créer ?
Il faut rappeler le début fulgurant  de la conquête arabe en 635. En 25 ans, les califes (successeurs du Prophète) conquièrent la Syrie, l’Arménie, Jérusalem, la Mésopotamie, l’Egypte…… et une partie de l’Afrique du Nord.
Et cela va s’amplifier encore pendant les siècles suivants.

Mais ces conquêtes ne sont pas que militaires et religieuses. Elles sont culturelles également car les très riches bibliothèques sont lues et traduites en arabe. Il en résulte un immense brassage des savoirs et une importance accrue de la langue arabe, nouvelle langue des érudits. Transmissions en Espagne, à Tolède notamment, en Italie , à Venise, à Paris et dans presque tous les pays européens.

Nous devons obligatoirement consacrer quelques lignes à AVICENNE

Avicenne, de son vrai nom Ibn Sina (980 – 1037)
Médecin, philosophe et mystique arabo-islamique, d’origine iranienne, écrivit plusieurs traités qui nous sont parvenus et ont inspiré la doctrine et la pratique de la médecine occidentale.
Son « Canon de la Médecine » fut longtemps la base des études médicales.
C’est un ouvrage encyclopédique de la médecine médiévale, rédigé en arabe. Il y consigne notamment les théories de Galien et Hippocrate, mais aussi de nombreux autres écrits peu connus jusqu’alors.
Ses travaux ont eu un impact retentissant en Europe chrétienne.
En effet, si la Médecine est l’un des plus beaux fleurons de la science islamique, c’est qu’elle s’enracine dans une vision spécifique des rapports de l’homme et de l’univers, la vison islamique du monde.

LES RELATIONS ORIENT OCCIDENT ; Une certaine fascination réciproque

Les travaux d’Avicenne, y ont largement contribué depuis le Moyen Age.
Mais au début du XVIII° siècle, en France, la traduction des « Contes des 1001 nuits » par Antoine GALLAND a eu un retentissement extraordinaire. Une fascination pro orientale.

Ajoutons la campagne d’Egypte du Général Bonaparte, de 1798 à 1801 pour s’emparer de l’Egypte et de l’Orient, sans doute, afin surtout, peut être, de bloquer la route des Indes à la Grande Bretagne.
Elle se double d’une expédition scientifique. 363 savants en firent partie.Les historiens, botanistes et dessinateurs de l’expédition rapportèrent de leur voyage d’étude la »Description de l’Egypte » publiée de 1809 à 1821.
Cet important ouvrage eut un grand retentissement pour la connaissance de l’Egypte et l’engouement pro oriental

Ne négligeons pas non plus, le recueil de poèmes de Victor Hugo « Les Orientales » paru en 1829. Un livre très célèbre dès sa parution. On peut y lire par exemple dans le poème « Les adieux de l’hôtesse arabe » :Adieu voyageur blanc ….
 »Si tu l’avais voulu, peut être une de nous
« O jeune homme eût aimé te servir à genoux
« Dans nos huttes toujours ouvertes ».

Il faut noter que c’est aussi, à cette époque, pour des gens fortunés, l’engouement pour le train de luxe et mythique « Orient Express » qui partait de Paris à destination de Constantinople (Istanbul) à la fin du XIX° siècle. Des hôtels de luxe y aient été construits pour accueillir ces prestigieux voyageurs.
Mais remarquons quand même que c’étaient des « voyages entre soi », entre gens du même monde. Pas question de se mélanger à la population locale !

Toujours à la recherche de traces, Il faut également citer l’importance et le nombre de librairies du V° Arrondissement qui ont publié et dont certaines publient encore aujourd’hui les ouvrages scientifiques et littéraires en arabe :
- -la librairie de l’IMA, la plus récente,
- -la Librairie du monde Arabe, 220 rue Saint Jacques
- -la Librairie Avicenne 30 rue des Fossés Saint Bernard
- -la Librairie Averroès 7 Boulevard Saint Germain
- -la Librairie de l’Orient Al Bouraq 18 rue des Fossés Saint Bernard
- -la Librairie Al Bustane 1 rue Larrey
et quelques autres encore, toujours dans le V° Arrondissement
Encore des .traces….Nous avancions vers la Mosquée de Paris et croisions la rue Geoffroy Saint Hilaire. Notre guide en a profité pour nous conter une petite histoire touchante.

Le Vice-roi d’Egypte Mehemet Ali, dont nous avons déjà parlé, a offert en 1826 au roi de France Charles X une jeune girafe. Elle arriva à Marseille le 23 Octobre 1826. Elle y passa l’hiver et ne commença son périple à pattes de 880 kilomètres qu’au printemps de l’année suivante. Elle marcha pendant 5 semaines à un rythme tout à fait supportable mais en compagnie de quatre vaches car elle n’était pas encore tout à fait sevrée à ce moment là.
L’éminent professeur de zoologie Geoffroy Saint Hilaire qui avait fait la Campagne d’Egypte fut désigné, malgré ses rhumatismes, pour l’escorter et veiller sur elle

Elle arriva à Paris le 30 Juin 1827 où un immense triomphe l’attendait.
Elle passa 18 ans comme « reine de la ménagerie »du jardin des Plantes, toujours dans le V° Arrondissement.Une véritable « girafomania » secouait Paris et même la France. Elle mourut
Le 12 Janvier 1845

Geoffroy Saint Hilaire lui était décédé l’année précédente.Une relation profonde s’était établie au fil des années entre lui et « sa girafe ». On a dit, certains ont dit, que la girafe n’avait pas supporté la séparation !.

LA MOSQUEE DE PARIS

DSCN5942 bMais nous arrivons à la Mosquée de Paris ou plutôt à l’Institut Musulman de la Grande Mosquée de Paris. C’est un vaste ensemble de près d’un hectare en plein quartier latin. Toujours le V° Arrondissement.
Dès sa création cet Institut a été déclaré une fondation pieuse, philanthropique, culturelle, autonome et politiquement neutre.
« Par son histoire, ses activités, son prestige, elle représente dans son architecture et ses magnifiques mosaïques les aspects classiques et actuels de la civilisation et de l’art musulmans mais aussi la foi tolérante et éclairée de la religion et de la culture islamiques « (Internet)
La Mosquée est de style hispano-mauresque dont le minaret se dresse à 33 mètres de hauteur. On accède aux salles intérieures par une vaste cour avec un péristyle. Une fontaine, immense vasque de marbre avec un jet d’eau sert pour les ablutions des fidèles.

Deux mots seulement sur la religion musulmane . On entend souvent
parler des cinq piliers de l’Islam : Quels sont-ils ? Ce sont :
- La profession de foi (Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et Mohammed est son prophète)
- La prière :5 prières par jour. (Chacune ne prend que quelques minutes)
- Donner la ZAKAT (soutien aux pauvres)
- Le Jeûne du Mois de Ramadan (de l’aube au coucher du soleil)
- Le pèlerinage à la Mecque (une fois dans sa vie pour ceux qui sont physiquement et financièrement capables de le faire)

Vous ne trouverez rien dans les TEXTES concernant le voile dit « islamique », insiste notre guide. C’est une pratique culturelle mais en aucun cas religieuse plus ou moins imposée ou recommandée.

La salle de prière est logiquement interdite aux simples touristes que nous sommes. Mais en circulant dans les couloirs on ne peut qu’admirer les mosaïques qui les ornent et ressentir une étrange impression de paix.

On peut se promener dans les jardins qui couvrent 3 500 mètres carrés et ressemblent à ceux de l’Alhambra de Grenade mais aussi savourer quelques douceurs orientales au restaurant -café de la Mosquée. Il y a également des soins, massage et hammam.

Quelques mots pour finir sur les jardins islamiques :

L’inspiration pour les jardins islamiques vient de la vision musulmane du Paradis. Les symboles sont basés sur la promesse de la bienfaisance et de la générosité d’Allah. Les cyprès, par exemple, représentent l’éternité et la beauté de la femme, les grenadiers représentent la vie et l’espoir, etc

Nos cinq sens sont sollicités :
-la vue (les arbres et les fleurs)
-l’ouie (la cascade ou le jet d’eau dans les vasques)
-l’odorat (arbres et fleurs)
-le goût (celui des fruits…)
-le toucher (la douceur de l’herbe….)

Nous pourrions continuer. Notre guide nous a dit bien d’autres choses et j’ai dû me restreindre.Trop long quand même pour notre revue. Sans compter ce que je n’ai ni noté ni retenu.
Nous devions nous rencontrer pendant deux heures et voilà que trois heures se sont écoulées sans que nous ayons vu le temps passer

Merci à madame SURET de nous avoir tous passionnés. Dommage que quelques gouttes de pluie nous aient quelque peu privé des couleurs des jardins .
Mais pour la plupart d’entre nous ce n’est pas encore fini : La visite a fait ressentir un petit creux dans l’estomac de la plupart d’entre nous et la majorité du groupe se dirige vers le salon de thé de l’Institut pour y déguster boissons chaudes et pâtisseries orientales.

Merci beaucoup à Marie Luize pour cette sortie réussie. Une de plus.


René Trochet 20 10 14

A partir de mes notes et de quelques lectures complémentaires. A enrichir maintenant par celles et ceux qui le voudront bien et que je remercie à mon tour.

 

Souvenirs de notre journée dans le Marais le 10 octobre 2013

                                               Un peu de MARAIS à Paris

Rendez-vous devant la sortie de la station de métro « Pont Marie ».

Prendre le Quai de l’Hôtel de Ville

On passe devant un Monument de pierre qui a la forme de la Corée. C’est en souvenir du Bataillon français de l’ONU, composé de militaires français qui, de 1950 à 1953, a perdu au combat, en Corée,                 269 volontaires.

Rendez vous rue de l’Hôtel de Ville à droite, rue des Barres
Nous nous dirigeons vers l’arrière de l’Eglise Saint Gervais Saint Protais.

Cette église est la troisième construite sur le monceau Saint Gervais, à l’abri de la Seine. C’était, avant la Révolution une des paroisses les plus riches de Paris.

Deux mots sur le chœur de cette église, devant nous :

Autrefois, à cet emplacement, il y avait bien sûr, plusieurs autres églises dont la première, du VI° siècle. Sans doute la plus ancienne église de la Rive Droite.

Si on regarde la tour, ses deux étages inférieurs au Nord sont les seuls témoins de l’autre église antérieure qu’on daterait entre 1212 et 1420 .

En 1918, bombardement de Paris. Cette église a été atteinte le           29 Mars, le Vendredi Saint, en pleine célébration. Une partie de la voûte s’est effondrée et on voit encore à l’intérieur l’impact des obus sur des piliers. On a compté 51 morts et au moins 150 blessés. Remarquer également, de l’intérieur cette fois, comment on a « composé » un décor pseudo gothique en béton qui ne va pas si mal avec l’ensemble. Il faut bien regarder pour voir les différences. « Replâtrage » réussi à mon sens.

Le buffet d’orgues est des XVII°et XVIII° siècles. Ce sont les seules intactes de cette époque à Paris. Epargnées par le bombardement, ce sont celles des Couperin. Au XVII° s. le grand François Couperin jouait ici sur ces orgues. Sa dynastie les a tenues de 1653 à 1826, quand même !

Au chevet, admirer, parmi les nombreuses chapelles, celle de la Vierge, gothique très flamboyant. Remarquer aussi la clef de voûte pendante de 1 m 15 de saillie sur 2 m de diamètre. Elle a seulement un rôle de décoration.

Nous sortons par la grande porte. Laissons en paix les moines et moniales de la Fraternité de Jérusalem qui l’occupent aujourd’hui.

La façade est classique. Pour la première fois en France, les ordres dorique, ionique et corinthien sont superposés avec un couronnement cintré. Cette façade a été conçue par Louis METEZEAU. (1)

Nous sommes à l’extérieur. Au n° 15 rue des Barres, derrière l’église on croit apercevoir un « jardin ». En fait, il s’agit de l’ancien charnier de l’Eglise Saint Gervais.

Mais qui étaient ces saints « Gervais et Protais » que l’on honore ici ?.

Votre interrogation vous honore, à votre tour. On en trouve trace dans « La Légende Dorée » de Jacques de Voragine. (2)

Ce sont deux frères jumeaux qui vivaient au 1° siècle après JC, sous l’empereur Néron.

Deux chrétiens, qui ont donné leurs biens aux pauvres et ont rejoint Saint Nazaire. (3) Ce sont des saints martyrs chrétiens de l’an 57. On leur attribue, à Milan au début, et un peu partout ensuite, de nombreux miracles.

On peut remarquer un orme célèbre, sur cette place, plusieurs fois replanté . Au Moyen Age, déjà, on disait « rendez-vous sous l’orme ! » C’était l’ancêtre de celui-ci. Aux dernières nouvelles l’orme, le vrai !, fut abattu en 1794 mais replanté au même endroit en 1914. On y rendait la « justice de proximité » comme on dit parfois aujourd’hui. On s’y retrouvait aussi pour les duels ou tout simplement pour des affaires d’argent. Pendant des siècles ce fut un lieu de rencontres, de rendez-vous, pas forcément galants.

Prenons la rue François Miron. Une des vieilles rues de Paris. C’est un tronçon de l’ancienne rue Saint Antoine. Elle doit son nom actuel à un prévôt des marchands du XVIII° siècle.

Au n° 2 se trouvait autrefois l’entrée du charnier (cimetière) dont l’odeur devint vite insupportable pour le voisinage et qu’on finira par supprimer en 1765 à la suite des premières mesures d’interdiction d’inhumation dans les églises et autour d’elles. On procédera même au transfert des contenus des   cimetières vers l’extérieur de Paris.

Des N° 2 à 4 : Maison de la famille COUPERIN. Les ferronneries des appuis du 1° étage représentent l’orme célèbre. Remarquer jusqu’au  n° 14 l’importance de l’orme en fer forgé sur les balcons du 1° étage

Au n° 10, maison natale de LEDRU ROLLIN (en 1807)(4)

Au n° 14, je me répète, l’orme est particulièrement épanoui.

C’est aujourd’hui le Siège de la direction des Beaux Arts et des Bibliothèques ainsi que l’Accueil à Paris des intellectuels étrangers.

Immeubles du XVII° siècle à murs bombés. Typique

Au n° 13 nous passons devant une maison du XV° siècle. Une des plus belles maisons à pignon du vieux Paris. Maisons à colombages qui ont été décapées et montrées seulement lors du ravalement en plein      XX° siècle. Maisons très anciennes mais compter le nombre d’étages car au Moyen Age on commençait à manquer de place dans des quartiers comme celui-ci et il fallait déjà construire en hauteur.

Au n° 30 la fameuse épicerie IZRAEL où nous pouvons trouver toutes les épices nécessaires à la cuisine méditerranéenne et même celles d’ailleurs.

Admirons le balcon Charles IX. On situe ici l’habitation de la belle Marie TOUCHET dont l’anagramme était « je charme tout » qui de son amour avec Charles IX eut un fils, le duc d’Angoulême.

S’il avait été légitimé nous n’aurions eu ni Henri III, ni Henri IV, ni Louis XIV etc…

Au n° 36 un très beau mascaron XVIII° ainsi qu’au n° 42 à la maison La BARRE de CARROY.

L’entresol est orné d’un superbe balcon et le mascaron représente Hercule coiffé de la peau   du lion de Némée.

Au n° 44 , nous sommes devant la Maison d’Ourscamp, deux maisons jumelles construites au XVI° siècle. Regarder les belles lucarnes de pierre de style Renaissance. Le plus remarquable dans cette maison c’est son sous-sol qu’on peut visiter, parfois moyennant une petite somme ! Admirer le fameux cellier médiéval qui subsiste, avec sa voûte d’ogives ornées de fleurs d’eau. Mais l’escalier reste un peu dangereux. Prudence en descendant.

Cette maison d’Ourscamp a une longue histoire :

Elle fut construite sans doute en 1585. Mais c’était auparavant depuis le XIII° siècle,   la maison de ville des moines cisterciens de l’abbaye Notre Dame d’Ourscamp dans l’Oise. Les moines y stockaient la marchandise produite dans leur abbaye et la vendaient ici

Le bâtiment s’est considérablement dégradé au fil des siècles. Menace de démolition en 1961par la Ville de Paris comme bien d’autres maisons de la rue.

L'"Association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris Historique ", récemment créée, décide alors d’y installer ses bureaux. Mobilisation de nombreux bénévoles. Cela a abouti à une restauration plutôt réussie grâce à ces bénévoles adroitement encadrés.
Voir sur internet le film « La maison d’Ourscamp » de G. CHAUMET

Au n° 68, l’Hôtel de Beauvais.

Entrer dans le vestibule circulaire très décoratif et sa cour intérieure. Huit colonnes doriques, un escalier remarquable. Sculptures de Desjardins ( je crois !)

Madame de Beauvais était femme de chambre et confidente de la reine Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII. (On dit qu’elle seule avait le droit de lui administrer ses clystères). Elle doit sa fortune au fait que –à la demande de la Reine- elle dépucela le jeune roi Louis XIV qui avait « 14 ans. » (Plausible) Elle en avait quarante. (En 1652 donc )

Née BELLIER, remarquer les têtes de béliers sur les murs

Du balcon extérieur, la reine, Mazarin et Turenne ainsi que Mme de Beauvais assistèrent le 26 Août 1660 à l’entrée à Paris du jeune roi Louis XIV et de son épouse Marie Thérèse. Il a 22 ans

Mme de Beauvais était de caractère lubrique quoique laide et borgne. On l’appelait « Catheau la Borgnesse » Mais elle a toujours eu beaucoup d’amants jusqu’à un âge très avancé.


Son mari, Pierre BEAUVAIS, fut nommé – après l’exploit de sa femme – conseiller du roi puis baron. Elle devint alors baronne de Beauvais. Elle avait reçu une très grosse somme d’argent en récompense. Elle fit construire en 1654 cet hôtel somptueux par Antoine LEPAUTRE, premier architecte du Roi. Elle a même bénéficié de pierres destinées à la construction du Louvre.

La façade actuelle est une réhabilitation réussie, presque à l’identique, de l’original.

L’hôtel fut acheté en 1755 par le Comte d’Eyck, envoyé extraordinaire (on dirait ambassadeur aujourd’hui) du duc de Bavière. Il y logea pendant 5 mois, à partir de Novembre 1763 la famille MOZART. Wolfgang à 7 ans faisait déjà vivre toute sa famille.

Il eut un grand succès à la Cour de Versailles, invité par Louis XV.

Cet hôtel magnifique a été confisqué à la Révolution et plusieurs fois revendu. Et défiguré.

Actuellement, réhabilité, il appartient à la Ville de Paris.

On se dirige vers la Bastille

On arrive rue de Rivoli que continue la rue St Antoine 

Au n° 21, Hôtel de Mayenne (ou Hôtel d’Ormesson), à la façade récemment rénovée . Construit vers 1613 cet édifice est intéressant dans la mesure où l’on y surprend la transition de la Renaissance au robuste style Louis XIII. Il abrite «l’ Ecole des Francs Bourgeois » depuis 1843

Au n° 99 s’élève l’Eglise Saint Paul Saint Louis, ancienne église de la maison professe des Pères Jésuites, construite au XVII° siècle (sans doute de 1627 à 1641).C’est une imitation de l’Eglise du GESU. A Rome, l’un des premiers exemples du style dit « jésuite » - il faudrait plutôt écrire : »de la Contre Réforme » –

Sur la façade, statue de Saint Louis sous le fronton, Sainte Catherine à gauche, Sainte Anne, à droite.

L’intérieur est de style corinthien. Les coquilles des bénitiers ont été données par Victor Hugo. Au croisillon gauche, tableau de                  E. DELACROIX « Le Christ au jardin des oliviers »

La maison professe des jésuites se trouvait juste à côté de l’église ; c’est aujourd’hui le lycée Charlemagne.

On continue de marcher dans rue Saint Antoine

N° 61 Là se trouvait l’ancien hôtel Saint Paul ainsi dénommé à cause de la proximité de l’Eglise. C’était la résidence du roi Charles V, aujourd’hui complètement démolie.

N° 62 (en face) l’ Hôtel de Sully 

Architecture type d’un hôtel parisien du XVII° siècle, bâti en 1624. Il n’a pas été construit pour Maximilien de Béthune, DUC DE SULLY et ancien ministre de Henri IV. Il acheta cet hôtel seulement en 1634 à l’âge de 74 ans . Il est l’auteur de « labourage et pâturage sont les deux mamelles de Frances » (Son petit fils le fit agrandir d’une aile sur jardin.)

Il était devenu extravagant, aimait à se parer de diamants, bijoux, chaînes et colliers d’or et se montrer ainsi sous les arcades de la Place Royale.

L’hôtel est placé entre cour et jardin. Huit sculptures de haut relief embellissent les façades. Elles sont inspirées de celles de l’hôtel Carnavalet situé 23 rue de Sévigné.

Elles représentent les 4 Eléments et les 4 Saisons ou les 4 âges de la vie .

Sur la façade principale, côté cour, on reconnaît l’Automne (Age mûr) et l’Hiver (Vieillesse) accompagnés des signes du zodiaque correspondants : la Balance et le Capricorne. La façade du second corps de bâtiment, le jardin à la française, est rehaussée des allégories des deux autres saisons : le Printemps (ou la Jeunesse) surmonté d’un bélier et l’Eté (ou la Maturité) couronné du cancer. Au fond du jardin, il avait acheté l’hôtel qui ouvrait au n° 7 sur la Place Royale et qu’on nomme « Le petit Sully » situé près de l’orangerie du jardin dont il ne reste que quelques vestiges.

A l’intérieur de l’hôtel de Sully, on a dégagé des plafonds peints à solives ou en trompe l’œil. Les regarder dans la librairie au rez de chaussée, à gauche.

Du jardin, au fond à droite on accède donc directement à la Place des Vosges.

Place des Vosges

En 1605, Henri IV entreprit la réalisation de la Place des Vosges. Le succès de cette Place fit du Marais un lieu à la mode dont la Noblesse s’enticha. Les aristocrates voulurent posséder de splendides hôtels à proximité. Exemples : Hôtel de Sully et Hôtel Salé.

C’est en effet un des joyaux du Marais. Bâtie en brique et pierre comme la Place Dauphine, elle a l’immense avantage sur celle-là d’avoir été préservée dans son intégrité.

La Place porta le nom de Place Royale jusqu’à la Révolution. En 1800, Lucien Bonaparte, ministre de l’Intérieur, décida de donner à cette Place le nom du département français qui aurait, le premier, réglé la majeure partie de ses impôts républicains.

A l’emplacement de la Place des Vosges d’aujourd’hui, il existait déjà en 1338 une résidence champêtre appartenant à Pierre d’Orgemont, Chancelier de France et du Dauphiné, sous le règne de Charles VI. On l’appelait « l’Hôtel des Tournelles » car il était protégé par un mur entouré de tourelles défensives (ou tournelles).

Bientôt ce lieu devint propriété royale.

En 1559, le roi Henri II organisa des fêtes somptueuses rue Saint Antoine, dépavée et recouverte de sable. Le roi Henri II y fut mortellement blessé pendant un tournoi.

Sa veuve, Catherine de Médicis, déserta alors le palais des Tournelles.

« Ce fut la lance de Montgomery qui créa la Place des Vosges » déclara Victor Hugo.

Henri IV décida d’implanter une manufacture sur ce site à l’abandon. Elle fonctionnera dès 1605 à l’emplacement de l’ancien Hôtel avec des ouvriers français et italiens. Confection de vêtements de soie (après réhabilitation de l’élevage du ver à soie).

Cette manufacture vivra deux années seulement. Le roi la fit détruire pour consacrer la totalité du site à sa nouvelle Place :

LA PLACE ROYALE (actuelle place des Vosges)

Neuf pavillons sur chaque côté. Soit 36 pavillons au total.
34 pavillons identiques larges de 4 travées et hauts de deux étages.

Deux pavillons sont plus larges :

-          le pavillon du roi (1 Place des Vosges) couronné de fleurs de lys, dépourvu de boutiques. Entrée principale de la Place.

-          le pavillon de la reine (28 Place des Vosges, en face) autrefois couronné de drapeaux, maintenant également de fleurs de lys.

Nous circulons un moment parmi les galeries , les cafés et restaurants sous les voûtes en nous demandant qui a pu habiter cet endroit et qui y habite encore de nos jours.

HABITANTS CELEBRES

D’abord la Marquise de Sévigné qui y est née le 6 Février 1626 au 1 bis, sous le nom de Marie de Rabutin Chantal.

Victor Hugo au XIX° siècle qui y a habité de 1832 à 1848. Il y a son musée.

Théophile Gautier (Le Capitaine Fracasse), de 1832 à1834

Rachel, la star de la tragédie qui y mourut

Alphonse Daudet « Les lettres de mon moulin » de 1876 à 1880

Georges Simenon (en 1923) le double de Maigret !

Actuellement je ne peux citer que M. Jack Lang ancien ministre, qui ne s’en cache pas.. Beaucoup d’autres tout aussi connu(e)s y habitent et préfèrent garder l’anonymat.

Pour nous, retraités de l’Afpa, ce 10 Octobre 2013, nous nous dirigeons vers le restaurant de la Bastille L’Hippopotamus où Marieluise nous a retenu quelques places…..                                         

                                                                                                          (R. Trochet)

Mais,( un autre jour ) pour un autre petit groupe intime….

…..Retour par le Passage de la Mule qui donne sur le Boulevard de Beaumarchais et vers les rues Amelot et Saint Sabin (Cour du coq) Sur la grille en fer forgé de cette courette habitée autrefois par des artistes, aujourd’hui par des « bobos » on voit un coq qui ne date pas d’hier : c’est celui du clocher de l’ancienne église Saint Ambroise située à 500 mètres .

Propos recueillis par R. TROCHET

Notes prises lors de notre visite avec conférencière et puis d’après plusieurs documents :

- J HILLARET   « Connaissance du Vieux Paris » 1979

- G. MONMARCHÉ et G. POISSON Guides bleus Hachette « PARIS et sa proche banlieue » 1963

- D. CHADYCH et D. LEBORGNE   « Paris pour les Nuls »Mars 2006

- LE BANC MOUSSU « Rue François Miron Paris 4°   visite avec Christian

- (Déjà mentionné plus haut) Une vidéo sur internet fort intéressante sur la réhabilitation de la Maison d’Ourscamp « La maison d’Ourscamp «  de G. CHAUMET 5 minutes et 8 secondes.

            NOTES

      (1)Louis METEZEAU architecte de Henri IV. On lui doit la grande Galerie du Louvre, la façade de l’Eglise Saint Gervais Saint Protais et la Place Royale ou Place des Vosges

(2)La Légende dorée de Jacques de Voragine. Ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266. Voragine est dominicain et archevêque de Gênes. Il raconte la vie d’au moins 150 saints, saintes et groupes de saints martyrs chrétiens des premiers siècles.                                                                                                 Une mythologie chrétienne est alors créée. Elle a pour vocation d’être un instrument de travail destiné aux prédicateurs, servant à la préparation de leurs sermons. Il fournit des modèles de vie chrétienne exemplaires.

(3)Saint Nazaire (de Milan) né à Rome au 1° siècle . Prêche l’évangile en Gaule . Meurt en martyr,à Milan, décapité en 56 sous Néron.

(4)Alexandre Ledru Rollin

Né à Paris le 2 Février 1807 (décédé le 31 12 1874). Homme politique français, Républicain Progressiste. Opposant à la Monarchie de Juillet, il fut l’un des chefs de la Deuxième République. Il a fait adopter par décret le suffrage universel français.

Il fut l’un des artisans de la Révolution de 1848 qui a renversé le roi Louis Philippe

Condamné à mort par contumace par la Haute Cour de Justice de Versailles, car il avait réussi à s’enfuir en Angleterre. Il n’est rentré en France qu’en 1871.

PARIS 19 Mars 2013

Ile Saint LouisNous allons vers les beaux jours, le printemps sera bientôt là !

C’est le moment de nous retrouver après de longs mois.

Pour cela, je vous propose une promenade romantique dans l’Ile Saint Louis

Le mardi 19 mars 2013

 

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